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IPEN

A Toxics-Free Future

L’écosystème va à son péril

Semia Gharbi, representative of l’Association de l’éducation environnementale pour les futures générations (AEEFG), the IPEN Regional Hub for the Middle East and North Africa, and May Granier, from the IPEN Participating Organization Association Tunisienne d'Agriculture Environnementale, are featured in this article about the pesticide glyphosate from La Presse de Tunisie:

Les organo-phosphores et le glyphosate continuent d’intoxiquer le sol, l’air, l’eau et la chaîne alimentaire.

La lutte contre l’usage des pesticides, notamment ceux jugés comme étant hautement dangereux pour la santé de l’homme, de l’animal et de l’écosystème, d’une manière générale, constitue le cheval de bataille de maintes ONG aussi bien nationales qu’internationales. La société civile tunisienne engagée pour la cause environnementale a réussi, après la révolution, à décrocher sa place d’observateur afin de donner son avis sur les programmes mis en place et autres, planifiés, d’alerter les institutions de tutelle et l’opinion publique sur les risques qui découlent de l’homologation des pesticides. Aussi, plusieurs associations s’activent-elles, chacune de son côté, dans le but de pousser les institutions de tutelle à orienter les agriculteurs vers une agriculture plus saine et sensibiliser les ménages sur les méfaits des pesticides.

L’association tunisienne pour l’environnement pour les générations futures a choisi de tabler sur des actions internationales, épousant la logique d’une lutte collective contre ces synthèses chimiques. Il faut dire qu’il y a une résolution internationale contre les pesticides hautement dangereux, chapeautée par le programme des Nations unies pour le développement. Les organisations internationales ont, en effet, arrêté la liste des pesticides hautement dangereux afin qu’ils ne soient aucunement homologués par les institutions de tutelle.


« Notre association fait partie du Comité national d’homologation des pesticides  en tant qu’observateur. Il faut dire que la Tunisie figure parmi les pays qui ont adopté le programme international sur les produits chimiques ( SAICM ). Elle a signé, en outre, la Convention de Stockholm sur les produits organiques polluants. La Tunisie compte aussi parmi les pays qui ont terminé leur programme d’élimination des pesticides obsolètes. Cela dit, beaucoup reste à faire afin d’asseoir les jalons d’une meilleure information sur les pesticides, leurs effets nocifs sur l’écosystème, et pour lutter contre leur utilisation afin de préserver notre environnement, notre capital santé et notre chaîne alimentaire », indique Mme Samia Gharbi, membre de l’Association de l’éducation environnementale pour les futures générations.

Informer les agriculteurs et leur suggérer des alternatives
Parmi les ONG qui se sont  investies dans la cause environnementale figure l’association tunisienne de l’agriculture environnementale. Cette association procède à un travail sur le terrain visant la sensibilisation et l’information des agriculteurs sur les pesticides. « Grâce à notre travail, les agriculteurs redécouvrent les spécificités du sol, les difficultés relatives aux changements climatiques, mais aussi leur potentiel et les techniques alternatives à même d’éviter cette surenchère de produits toxiques », explique Mme May Granier, membre de l’association.

Certes, certaines matières actives ont été retirées du marché tunisien, dont, à titre d’exemple, le DDT.
Cependant, nombreux sont les pesticides qui continuent à être utilisés pour tuer les bactéries, les parasites et qui nuisent, par conséquent, à la végétation tout en altérant notre chaîne alimentaire. L’on cite à titre d’exemple les organo-phosphores toujours disponibles sur le marché parallèle ou encore le glyphosate, jugé  hautement dangereux pour la santé et pour l’écosystème marin. 

Ils produisent des résidus fort toxiques qui agissent comme perturbateurs endocriniens. Pourtant, des solutions existent pour redonner au sol et à la chaîne alimentaire son aspect naturel, voire bio. «  Ce travail se heurte à plusieurs contraintes. D’abord, le coût exorbitant de la recherche scientifique empêche les chercheurs de mener des études sur l’impact des pesticides sur l’environnement. Ces produits toxiques altèrent l’eau. D’où l’indispensable élaboration, par la Sonède, d’une étude les résidus toxiques présents dans l’eau. D’un autre côté,  la prédominance  du marketing à l’échelle internationale, le manque de conscience des agriculteurs des méfaits des pesticides et le manque de sensibilisation et d’information du  public appuient le recours inconditionné aux pesticides, ce qui est gravissime», souligne Mme Gharbi.

Pour une éducation environnementale appliquée
Aussi, la sensibilisation  doit-elle être orientée envers deux principaux destinataires : les agriculteurs et les jeunes générations. Les premiers constituent les usagers de pesticides. «  Plus les agriculteurs sont avisés, plus ils craignent la dégradation du sol. Les agriculteurs chevronnés voudraient changer pour le mieux leur technique. Toutefois, ils ont peur de réduire leur récolte », indique Mme Granier qui se réjouit de l’intérêt qu’accordent les jeunes agriculteurs soucieux de l’état environnemental pour reprendre progressivement la culture bio.  

La sensibilisation doit aussi toucher les jeunes générations. Une fois initiées au respect de l’environnement, et sensibilisées quant aux inconvénients redoutables des produits chimiques hautement dangereux pour la santé et pour l’environnement, sauront, établir les jalons d’une nouvelle conception de la production et  de la consommation, dans le respect de l’environnement.  «  La sensibilisation des jeunes générations doit absolument être menée dans le cadre d’une collaboration fructueuse entre le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Education. C’est par le biais de l’éducation que nous pouvons améliorer nos conditions et réussir les enjeux environnementaux. Pour ce faire, nous devons changer notre vision de l’éducation en faisant primer l’application sur l’aspect strictement académique», ajoute Mme Gharbi qui profite de sa tripe casquette d’enseignante, de membre de la société civile et de chercheuse pour initier ses élèves à l’amour et au respect de l’environnement. En effet, chaque année, de mini champs sont implantés dans des établissements scolaires, dans le cadre notamment d’un projet pilote organisé en collaboration avec l’Association de la culture environnementale et le ministère de l’Agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques.

L’objectif étant de valoriser et présenter le point focal de l’économie tunisienne, à savoir l’agriculture via des cours et des activités d’éducation scientifique. « En misant sur la sensibilisation des collégiens, nous garantissons la sensibilisation de son entourage. Si nous comptons 1,5 million  d’élèves, nous garantissons quelque trois millions de personnes sensibilisées, ce qui serait un grand acquis. Les jeunes générations représentent, pour la société civile, un potentiel énorme », renchérit Mme Gharbi. Et d’ajouter que la signature par M. Habib Essid, Chef du gouvernement, de l’Agenda post-2015  met la Tunisie face à un défi de taille : instaurer les bases du développement durable d’ici 2030. «  Nous devons, par conséquent, tabler sur l’initiation d’une génération à la culture environnementale. Le travail doit commencer dès à présent », souligne-t-elle déterminée et optimiste.